Le saule blanc, l’autre aspirine végétale !

Si les Anciens se transmettaient d’une génération à l’autre les qualités du saule blanc et les différentes manières d’en tirer profit, il faut attendre 1838 pour que son constituant actif, le salicoside, précurseur de l’acide salicylique, soit isolé, puis donne naissance en 1899 à un médicament de synthèse aujourd’hui bien connu : l’aspirine.

Vous savez maintenant pourquoi on appelle le saule blanc l’aspirine végétale ! Il n’est d’ailleurs pas le seul, puisque la reine-des-prés contient, elle aussi, des dérivés salicylés qui lui confèrent quelques remarquables propriétés. Pour la petite histoire, c’est d’ailleurs l’ancien nom botanique de la reine-des-prés, la spirée (Spiraea ulmaria) qui a donné son nom au médicament bien connu.

Le saule blanc, arbre autrefois arbre sacré aux pouvoirs mystérieux

Mais revenons à notre saule blanc… C’est un grand arbre majestueux à feuilles caduques, qui aime l’eau et pousse donc toujours sur un terrain frais et humide, souvent près d’une zone d’eau. Il peut atteindre jusqu’à 25 mètres de hauteur.

Le saule blanc apprécie l’humidité ©COULANGES

Il était, avec le bouleau, l’aulne, le chêne, le houx, le noisetier et le pommier, l’un des 7 arbres sacrés des Druides qui, en plus des vertus spécifiques des différentes parties des arbres, utilisaient déjà leur pouvoir pour guérir.

Traditionnellement associé à la Lune, à la femme, aux rêves, aux émotions et à l’intuition, il est tout naturellement au centre de nombreuses légendes et croyances, et ceci à travers le monde entier. Ainsi, les feuilles et l’écorce du saule blanc, portées sur soi ou placées dans une maison, sont investies de la mission de protéger la personne ou le lieu.

Il semblerait aussi que les prières et les voeux murmurés au pied d’un saule blanc les soirs de pleine lune ont plus de chance que les autres d’être exaucés. À condition de ne pas oublier de le remercier ! On raconte même que les balais des sorcières – oui ceux qui permettent de voler – sont liés avec une branche de saule blanc…

Tout cela reste bien difficile à vérifier ! Ce qui est certain en revanche, c’est que si différentes parties du saule blanc sont parfois utilisées dans des rituels de guérison, elles le sont aussi depuis des millénaires pour soulager de nombreux maux, calmer fièvre, états grippaux et refroidissements.

Saule blanc, un anti-douleur vraiment naturel

Considéré depuis fort longtemps comme l’ « arbre contre la douleur », grâce aux effets calmants des principes contenus dans son écorce et à ses vertus anti-inflammatoires, le saule blanc entre aujourd’hui dans l’élaboration de différents remèdes(1).

ecorce saule

Écorce de saule © Kalcutta

Les recherches les plus récentes ont confirmé son efficacité en cas d’arthrite, de rhumatismes et autres douleurs articulaires, et son écorce a également une action antisudorale, ce qui la rend fort utile pour prévenir sueurs nocturnes et bouffées de chaleur. Il est intéressant de relever au passage que le saule blanc, cet arbre, qui se plaît sur terrain humide, soigne précisément des troubles provoqués par un excès d’humidité !

Pourquoi utiliser le saule blanc ?

Décoctions, teinture-mère, extraits ou gélules… le saule blanc agit souvent avec d’autres plantes dans de nombreuses préparations médicinales(2). Et vous comment peut-il vous aider en toute simplicité ?

  • Il est recommandé en cas de fièvre mais aussi de maux de tête : comptez 1 à 2 cuillères à café d’écorce pour une tasse d’eau, et buvez 3 tasses par jour.
  • Douleurs lombaires ou articulaires et musculaires d’origine rhumatismale ?  Une cuillère à café d’extrait fluide dans un grand verre d’eau, en cure d’une quinzaine de jours, ou alors ½ tasse de décoction, 3 fois par jour.
  • Arthrite ou goutte ? Préparez une décoction avec 10 g d’écorce de saule blanc pour 750 ml d’eau, à boire dans la journée. Répétez deux jours de suite.
  • En cas de bouffées de chaleur ou de sueurs nocturnes dues à la ménopause : ½ cuillère à café de teinture de saule blanc dans un peu d’eau, ou une gélule avant de se coucher.

Le saule blanc, des contre-indications ?

Bon à savoir : à la différence de l’aspirine, ses constituants ne fluidifient pas le sang et n’irritent pas les muqueuses de l’estomac.

Attention : tout comme l’aspirine, le saule blanc est déconseillé aux personnes allergiques aux dérivés salicylés, ainsi qu’aux femmes enceintes et à celles qui allaitent !

Illustration bannière : Saule blanc – © Tibesty

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